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Voyager 2, sonde lancée en 1977, atteint l’espace interstellaire

Voyager 2, sonde lancée en 1977, atteint l’espace interstellaire – © NASA/ AFP

13/12/2018 – 09h30

A dix-huit milliards de kilomètres de la Terre, après 41 années de voyage dans le système solaire, la sonde Voyager 2 a atteint une zone où le vent solaire ne souffle plus, a annoncé la Nasa lundi.

A cette distance extraordinaire, chaque message de Voyager 2 met 16 heures et demi à atteindre la Terre. Par comparaison, le temps de communication à la vitesse de la lumière est de 8 minutes pour Mars actuellement.

Les scientifiques de la Nasa ont confirmé lundi que Voyager 2 était sortie de l’héliosphère, la bulle protectrice de particules et de champs magnétiques créés par le Soleil. L’appareil a traversé l’héliopause, limite au-delà de laquelle ce vent solaire n’atteint plus les objets.

Mais la sonde reste techniquement dans le système solaire, dont la frontière est fixée aux confins du nuage d’Oort, bien au-delà de Pluton, et que la Nasa compare à « une grosse bulle épaisse autour du système solaire« . Ce nuage, composé probablement de milliards de corps glacés, reste sous l’influence de la gravité du Soleil. Voyager 2 mettra encore 30.000 ans à traverser cette ceinture.

En 2012, Voyager 2 est devenue la plus plus longue et la plus mythique mission de la Nasa. Ses instruments continuent d’envoyer des observations.

Lancée alors que Jimmy Carter était président des Etats-Unis, elle a survolé Jupiter en 1979, puis Saturne, Uranus et Neptune, en 1989.

Comme elle fonctionnait encore après avoir dépassé Neptune, la Nasa a continué la mission. Les ingénieurs ont éteint ses caméras pour économiser son énergie.

Sa sonde jumelle, Voyager 1, qui a quitté la Terre seize jours après elle, a atteint l’espace interstellaire en 2012 et continue encore de fonctionner. Mais l’un de ses instruments cruciaux pour mesurer le vent solaire, baptisé Plasma Science Experiment, est tombé en panne en 1980.

« Cette fois, c’est encore mieux« , a dit Nicky Fox, directeur de la division d’héliophysique de la Nasa. « Les informations envoyées par les Voyager sur les limites de l’influence du Soleil nous donnent un aperçu inédit d’un territoire vraiment vierge« . Les deux sondes vont « très bien, pour des seniors« , a dit Suzanne Dodd, directrice des communications interplanétaires de la Nasa.

Selon elle, elles pourraient encore durer cinq ou dix ans, la seule limite étant la perte progressive de capacité de leur générateur à radioisotopes, qui fournit de l’énergie par la désintégration de matériaux radioactifs.

Les sondes emportent chacune des enregistrements de sons et d’images de la Terre sur des plaques en or et en cuivre.

Même éteints, les engins continueront de voyager potentiellement des milliards d’années avec leurs disques, et « ces capsules temporelles pourraient un jour être les seules traces de la civilisation humaine« , dit la Nasa sobrement dans son communiqué.

Source : https://www.rtbf.be/tendance/detente/detail_voyager-2-sonde-lancee-en-1977-atteint-l-espace-interstellaire?id=10094853

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Empathie envers les robots : quand Eliza nous piège

19/11/2018 – 09h02

Le principe par lequel nous pouvons ressentir de l’empathie pour un robot à caractéristiques humaines porte un nom, Eliza. Un phénomène dont il faut se méfier.

Le robot interactif chinois Jia Jia, en tenue traditionnelle, est interroge par le journaliste Kevin Kelly de Wired magazine, ici en 2017 (photo d'illustration).
Le robot interactif chinois Jia Jia, en tenue traditionnelle, est interrogé par le journaliste Kevin Kelly de Wired magazine, ici en 2017 (photo d’illustration).© Guo Chen/Xinhua/AFP

Époustouflant, incroyable, surprenant… Ces mots sont ceux utilisés par les médias pour parler du premier présentateur télévisuel humanoïde chinois, inauguré récemment par l’agence de presse Xinhua News Agency. On se dit impressionné par la performance technique à concevoir ce genre de robot et par son apparence fortement anthropomorphique. Mais c’est ne pas considérer la réalité des mécanismes technologiques derrière cet amas de circuits électriques et de silicone. Ce robot est manipulé algorithmiquement par des humains, n’a aucune intelligence de situation ni aucune empathie. Et pourtant, il est évident que ce présentateur robotisé sans cœur et sans chaleur corporelle nous touche au point d’avoir envie de le féliciter pour sa première télé ! Nous sommes piégés, et le coupable de cette empathie spontanée n’est autre qu’Eliza. Un phénomène bien connu en Intelligence artificielle, mais méconnu des victimes qui se sentent émotionnellement engagées envers une machine à apparence humaine. Ne vous fiez pas aux apparences ! Eliza vous piège !

Reef RangerBot devient le ‘LarvalBot’ pour propager les bébés coralliens

19/11/2018 – 08h12

Reef RangerBot devient le 'LarvalBot' pour propager les bébés coralliens
LarvalBot gicle doucement les larves de corail sur les zones de récifs endommagées. Crédit: QUT Media

Le robot protecteur des récifs de QUT devrait devenir la «mère» de centaines de millions de bébés coraux lors d’une livraison spéciale qui coïncide avec le frai annuel des coraux sur la Grande Barrière de Corail.

Dans une première mondiale, le robot sous-marin de QUT, RangerBot, a été transformé en LarvalBot par l’équipe de robotique de QUT, dirigée par le professeur Matthew Dunbabin de l’Institute for Future Environments.

Points principaux:

  • Les scientifiques recueillent des centaines de millions de coraux produits par les coraux qui ont survécu aux deux récents épisodes de blanchiment massif des coraux.
  • Ils sont élevés en quantités importantes dans de jeunes coraux dans de grands enclos flottants sur le récif.
  • Une fois mis au point (environ 5-7 jours), le robot semi-autonome LarvalBot aidera à acheminer les minuscules larves de coraux de bébé sur des récifs ciblés.
  • Les larves élevées seront également réparties en «nuages ​​larvaires» sur des zones de récifs endommagées à une plus grande échelle qu’auparavant.
  • La technique consistant à déposer des larves de corail élevées sur des récifs est connue sous le nom de «restauration larvaire».

Le professeur Dunbabin travaille avec le professeur Peter Harrison de la Southern Cross University (SCU), pionnier de la technique de restauration larvaire de corail (FIV corallienne), qui dirige l’ensemble du projet de recherche.

La collaboration entre QUT et SCU, financée par la Great Barrier Reef Foundation, vise à restaurer les parties endommagées de la grande barrière de corail et à accélérer le rétablissement des écosystèmes touchés par le blanchissement des coraux.

De gros volumes de coraux seront capturés et transférés dans des bassins à mailles fines pendant près d’une semaine, jusqu’à ce que les larves soient prêtes à être réinstallées.

Faites connaissance avec LarvalBot, le nouveau robot sous-marin de QUT donnant un coup de pouce à la nature pour la ponte de coraux de novembre 2018 sur la grande barrière de corail. Crédit: QUT Media

« Nous concentrons les larves et en mettons une partie dans LarvalBot afin de les asperger doucement sur les zones de récifs morts, ce qui leur permet de s’installer et de se transformer en polypes coralliens ou en bébés coraux », a déclaré le Professeur Harrison.

« Les coraux survivants commenceront à se développer et à bourgeonner et formeront de nouvelles colonies qui deviendront suffisamment grandes au bout de trois ans pour se reproduire sexuellement et compléter le cycle de vie. »

La reproduction synchronisée spectaculaire de la reproduction des coraux sur la Grande Barrière de Corail est un événement marquant dans les calendriers des scientifiques du monde entier et devrait avoir lieu à la fin du mois de novembre.

Les chercheurs disent qu’en donnant un coup de pouce à la nature par des moyens artificiels, cela permet une augmentation jusqu’à 100 fois supérieure aux méthodes précédentes.

Le professeur Dunbabin a déclaré que la livraison de  et le développement de la Grande Barrière de corail s’appuient sur la technologie pionnière de la robotique mise au point pour aider à contrôler l’étoile de mer couronne d’épine.

« Je suis passionné par la protection du récif de toutes les manières possibles et extrêmement enthousiaste de pouvoir travailler avec les leaders mondiaux dans la restauration des récifs coralliens », a déclaré le professeur Dunbabin.

« Nous souhaitons avoir deux ou trois robots prêts pour la ponte de novembre. L’un transportera environ 200 000 larves et l’autre environ 1,2 million.

Reef RangerBot devient le 'LarvalBot' pour propager les bébés coralliens
La masse de coraux se déroule sur la grande barrière de corail à la fin du mois de novembre. Crédit: Gary Cranitch, Queensland Museum

« Pendant le fonctionnement, les robots suivront des chemins présélectionnés à une altitude constante à travers le récif et une personne surveillée déclenchera la libération des  afin de maximiser l’efficacité de la dispersion. »

Le professeur Dunbabin a calculé que la dispersion couvrirait 1 500 m² / heure par robot.

« Cela pourrait révolutionner la restauration des coraux sur les récifs du monde entier », a déclaré le professeur Peter Harrison.

Le projet a vu le jour après que les chercheurs eurent remporté 300 000 USD du défi d’innovation Out of the Blue Box de la Great Barrier Reef Foundation, soutenu par la Fondation Tiffany & Co.

La Directrice générale de la Fondation, Anna Marsden, a déclaré que le récent rapport du GIEC renforçait la dernière opportunité pour le monde de réagir au changement climatique et à la grave menace qui pesait sur les récifs coralliens à l’échelle mondiale.

Le professeur Dunbabin a déclaré que l’on espérait que  spécialistes de la gestion des  et d’autres responsables utiliseraient cette technologie à l’avenir.

« Bien que cela soit nouveau, nous avons testé différentes technologies et sommes convaincus de son succès », a-t-il déclaré.

Source : 1er novembre 2018, Université de technologie du Queensland

On a testé… relancer Windows 95

02/10/2018 – 09h22

Un développeur a publié une version du célèbre système d’exploitation pouvant fonctionner sur nos ordinateurs actuels. L’occasion d’un voyage dans le passé.

Un après-midi de septembre. Le ciel gris déverse de gros nuages sur Paris. Les premiers manteaux ont fait leur apparition. Les bureaux se repeuplent. C’est la rentrée. Quel meilleur moment pour faire tourner Windows 95 sur son ordinateur ?

L’idée parait incongrue… car on parle bien, ici, de la rentrée 2018. Mais le projet est réalisable, facilement, sur nos machines modernes grâce au travail de Félix Rieseberg. Ce développeur, qui vit à San Francisco, a publié le 23 août un portage de Windows 95 sur sa page Github. Curieux et nostalgiques peuvent y télécharger une application Windows 95 en fonction de leur ordinateur actuel (pour Windows 7 ou 10 version 32 bits ou 64 bits, pour macOS Sierra, etc.).

Voir l'image sur Twitter
Felix Rieseberg@felixrieseberg

I put Windows 95 into an Electron app that now runs on macOS, Windows, and Linux. It’s a terrible idea that works shockingly well. I’m so sorry.

Go grab it here: https://github.com/felixrieseberg/windows95/releases 

Ces applications « standalone », qui ont pris à Félix Rieseberg « environ un jour » de développement, ne nécessitent pas d’installation particulière. Elles renferment « exactement les mêmes fichiers que dans le Windows 95 des années 1990 », explique-t-il au Monde, en parlant d’une « petite expérience » pour faire fonctionner un système d’exploitation entier de la sorte.

Sur Github, le développeur indique que 99,999 % du travail avait déjà été fait dans le cadre du projet v86, qui fait tourner Windows 98 dans une page de navigateur Web. Ancien de Microsoft, Félix Rieseberg a simplement intégré ce projet dans une application à télécharger à part, fonctionnant dans l’environnement de développement Electron – un cadre technique qu’il manie habituellement pendant ses horaires de bureau chez Slack. Faire tourner Windows 95 sous Electron est une suite logique de sa carrière, réalisée « surtout pour le fun. Je voulais voir si c’était possible, alors j’ai essayé. »

« Petit voyage dans le passé »

On se dit la même chose en lançant ce Windows 95. Un double clic, un menu succinct qui nous demande si on veut « insérer une disquette » ou simplement « démarrer Windows ». Des lignes de commande blanches défilent. Apparaît le célèbre écran de chargement carré, aux couleurs bleues, avec quelques nuages. Un sablier indique que le bureau est en train de se charger. Quelques icônes pixelisées, une barre de menu grise en pied d’écran. Une souris qui se déplace légèrement en retard, des clics qui mettent parfois plusieurs secondes à déclencher l’action voulue. Le sentiment est d’avoir un espace graphique à la genèse des standards de Windows (menu Démarrer, les icônes, le panneau de configuration), qui serait toutefois fatigué par le poids de son âge vénérable.

Pas de doute, nous y sommes. On se surprend à explorer des « menus » que l’on n’avait pas vus de la sorte depuis longtemps, évoquant un ressenti d’il y a plus de vingt ans, en explorant un ordinateur pour la première fois grâce à une souris ouvrant des « fenêtres ».

Les menus de Windows 95.

« Beaucoup de gens m’envoient des photos d’eux en train de jouer au Démineur, en me disant qu’ils adorent ce petit voyage dans le passé », note avec plaisir Félix Rieseberg. Au-delà du fun, le développeur met en avant l’intérêt éducatif du projet, afin de permettre aux plus jeunes générations de voir – et de comprendre – comment l’informatique existait dans les années 1990. « Les services juridiques de Microsoft ne m’ont pas contacté, assure-t-il. Dans le passé, Microsoft a le plus souvent gentiment regardé ailleurs pour ce genre de projet à vertu éducative. Mais s’ils veulent que je l’enlève d’Internet, je le ferai sans discuter. »

Son Windows 95 pourra d’ici là servir dans des cours d’histoire de l’informatique, ou pour démontrer à de jeunes impatients que non, la tablette de papa n’est pas « lente ». Cela pourra passer par des parties de Démineur, de Solitaire, ou encore des dessins sur un Paint (RIP) extrêmement simple, mais qui répond à ce qu’on lui demande.

Œuvre libre réalisée sous Paint de Windows 95.

Si, sur Windows 7, l’application Windows 95 de Félix Rieseberg est très fluide, les temps de chargement ont été pour nous plus capricieux sur un Macbook. Seule « ombre » au tableau : l’impossibilité de surfer sur Internet au sein de ce Windows 95. Lancer l’une des premières versions de Microsoft Internet Explorerne conduit qu’à des messages d’erreur. Ce qu’on comprend aisément, pour des questions de connexion réseau au sein de l’application Windows 95, ou d’incompatibilité entre l’Internet moderne et un navigateur développé en 1995.

Cette application est, pourtant, un document d’archive. L’apparition d’Internet Explorer par défaut dans Windows 95, système d’exploitation qui sera vendu à plus de 100 millions d’exemplaires, a sans doute permis de populariser Internet dans de nombreux foyers.

Planter. Redémarrer. Scan Disk.

Contrairement à d’autres résurrections de Windows 95 qui avaient eu lieu directement dans Chrome ou Firefox (comme celle sortie pour les vingt ans du système d’exploitation, ou le « jeu » simulant une journée de travail façon Windows 95), la version proposée par Félix Rieseberg fonctionne à partir d’une « image » du système d’exploitation, accessible et modifiable sur son disque dur. Elle permet de sauvegarder ses fichiers et sa configuration (fond d’écran à nuages, économiseur d’écran labyrinthique…) et de les retrouver lorsqu’on relance Windows.

Elle ouvre également la possibilité d’y ajouter des fichiers et applications compatibles avec Windows 95, pour peu qu’on en dispose. On pense tout de suite aux jeux vidéo. Comme le rappelle un article de Forbes, le succès de Windows 95 a aussi largement permis l’essor des jeux sur PC, grâce à l’arrivée de Direct X comme solution de développement et d’affichage sur tous types de configurations matérielles.

Doom pour Windows 95.

Nos premières tentatives pour répondre à la promesse de faire tourner une copie d’époque de Doom 95 ont toutefois misérablement échoué. La faute à… un affichage d’écran trop large, comme nous l’a appris un tutoriel sur YouTube.

Pour y parvenir, il a fallu passer l’écran de notre Windows 95 en mode 256 couleurs et résolution de 640 x 480 pixels. La suite signa le grand retour d’un tube oublié des années 1990 : redémarrer-planter-scandisk-bureau-planter-redémarrer-scandisk-etc. La seule fois où nous avons réussi à obtenir la configuration demandée, puis à jouer à Doom 95, il a fallu attendre une dizaine de minutes, sans rien toucher, devant le regard interloqué de collègues pressés de partir à la cantine.

Pendant ce temps-là, nous sommes retournés sur notre smartphone pour consulter divers messages reçus, y répondre avec des GIF tout en écoutant de la musique avec un casque Bluetooth, et tout ça sur un écran tactile aux couleurs vives. Le contraste entre l’interface lente et sobre de Windows 95 fut saisissant. Et nous poussera à envoyer un conseil à notre adolescence des années 1990, piégée face à un « écran bleu de la mort » : patience, dans vingt ans, tout ira mieux.

Source : LE MONDE |Par Michaël Szadkowski